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    Le matin du mineur

    A quatre heures et demie, les mineurs sont devant la fosse. Vêtus de toile grise ou bleue, noircie par le charbon, la taille serrée par une large ceinture de cuir, coiffés du casque de cuir bouilli, chaussés de lourds brodequins cloutés. Le temps de recevoir leurs lampes à huile et ils prennent place dans les berlines. Un cri, une sonnerie, et la berline descend à une vitesse stupéfiante ! A l’arrivée au fond, la marche commence vers le chantier, plus d’une heure parfois dans le labyrinthe des galeries. Les ouvriers eux-même sont groupés en équipe . A coup de pics, les piqueurs et les haveurs abattent le charbon, les pelleteurs remplissent les bennes. Les galibots,  les conduisent vers les trains de wagonnets que traînent les chevaux jusqu’aux puits de remontée. A huit heures du matin, le travail s’arrête, on fait briquet. C’est-à-dire  qu’on déjeune d’une double tartine de pain garnie de beurre ou de fromage , saindoux. C’est une brève pause avant la reprise du travail, les mineurs auront passé, en tout, neuf heures et demie au fond de la mine. A treize heures, c’est le retour aux corons où attendent les femmes et la grande bassine remplie d’eau chaude où on va se laver. A ce rythme, le mineur descendu dans la mine à l’âge  14 ans, atteint rarement l’âge de la vieillesse. La mine tue, lentement ou soudainement, par la maladie ou par l’accident ! Le mineur est toujours à la merci d’une maladresse, d’une imprudence ou de la fatalité !

     


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